tout quitter pour voyager a travers l europe

Tout quitter pour voyager en camping-car : notre vrai bilan (budget, erreurs, conseils)

J’ai décidé de tout quitter pour voyager : mon poste, notre maison, le confort d’un quotidien bien installé, les habitudes rassurantes.

On a pris la route en camping-car avec mon mari, notre fils de 18 mois, nos deux chiens et nos deux chats.

Au début, on avait vraiment l’impression de vivre quelque chose d’unique. Une sorte de parenthèse un peu folle, un rêve qu’on était enfin en train de concrétiser. Et puis, comme souvent, la réalité nous a rattrapée. Il y a eu le camping-car immobilisé, les journées à gérer des pannes d’électricité, les soucis avec les toilettes sèches, un bébé qui ne tolère pas forcément les imprévu, la fatigue qui s’accumule… et ces moments où tu te demandes très honnêtement quelle mouche a pu te piquer.

Parce que tout plaquer pour vivre sur la route, ce n’est pas seulement la liberté, les beaux paysages, le voyage et l’impression grisante de sortir du cadre. C’est aussi l’inconfort, l’imprévu, la charge mentale et les galères du quotidien dans quelques mètres carrés. On parle beaucoup de la vanlife comme d’un rêve absolu.

Sur Instagram, les images sont belles, l’aventure semble simple, presque évidente. Pourtant, la réalité est souvent beaucoup plus contrastée.
Selon Vanlife Diaries, environ 70 % des personnes qui se lancent dans la vie nomade en véhicule reviennent à une vie plus sédentaire dans l’année, souvent à cause de l’épuisement.

Dans cet article, je te partage notre vrai bilan de la vie sur la route : les galères qu’on n’anticipe pas, les chiffres réels, les erreurs qu’on a faites, et tout ce que j’aurais aimé savoir avant de me lancer dans cette aventure.

voyager et tout quitter

1. Est-ce encore le bon moment pour tout plaquer ?

La vanlife est devenue, ces dernières années, un mode de vie très esthétique, très inspirant, souvent montré à travers des vidéos léchées et une impression de simplicité presque irréelle. Pourtant, derrière cette image, il y a surtout un engouement massif pour une autre façon de vivre.

Depuis le Covid, quelque chose s’est fissuré dans la tête de beaucoup de personnes. Le confinement, les restrictions, la perte de sens au travail, le besoin de reprendre la main sur son quotidien… tout ça a poussé énormément de personnes à se poser une question qu’elles repoussaient parfois depuis longtemps : est-ce que c’est vraiment ça, ma vie ?

La grande démission, le quiet quitting, l’essor du télétravail… rien de tout ça n’est arrivé par hasard. Pour beaucoup, cette vie est devenue envisageable grâce au télétravail nomade et à la possibilité de garder une activité en ligne tout en voyageant.

On a vu émerger une vraie envie de liberté, de réappropriation du temps, de choix plus alignés. Et dans ce mouvement-là, la vie en camping-car ou en véhicule aménagé est devenue, pour beaucoup, un symbole fort. Partir, non pas pour fuir sa vie, mais pour essayer d’en construire une autre.

Pour celles qui se demandent comment sécuriser un départ ou créer une activité plus souple avant de partir, j’en parle aussi dans mon article sur comment créer un side business en 2026.

Alors, est-ce que c’est encore possible aujourd’hui de tout quitter pour vivre sur la route ? Oui, clairement. Mais ce n’est plus tout à fait le même décor qu’en 2017, quand les premiers vanlifers racontaient leurs aventures. La tendance a grandi, et avec elle, les exigences aussi.

La communauté est plus vaste, plus accessible, souvent plus solidaire qu’avant. Les outils pour préparer un départ, financer le projet ou travailler sur la route sont aussi bien plus nombreux. Mais en parallèle, les spots gratuits se font plus rares, le marché de l’occasion s’est tendu, et l’improvisation totale peut vite coûter cher.

Ce qui, en revanche, n’a pas changé, c’est ce moment très intime où l’on sent qu’on ne peut plus continuer à vivre une vie qui ne nous ressemble plus. Et rien que pour ça, la question mérite d’être posée.

2. Ce que j’ai appris en quittant tout pour la route

Qu’est-ce qui déclenche un départ pour tout quitter

À l’époque, on vivait en Côte d’Ivoire. J’avais une belle carrière, une grande maison, une voiture de fonction, des week-ends à la mer. J’occupais un poste de direction dans une entreprise internationale. Le genre de vie qui, vue de l’extérieur, coche toutes les cases de la réussite.

Sur le papier, tout allait bien. Et puis notre fils est né, et avec lui, quelque chose a changé.

Vivre à Abidjan avec un bébé n’était pas simple. Il y avait peu d’espaces adaptés, pas vraiment de trottoirs pour se promener, une chaleur écrasante, les moustiques (coucou la peur permanente de la malaria). J’ai demandé un mi-temps à mes employeurs pour souffler un peu. La réponse a été immédiate : non. En substance, on m’a fait comprendre que j’étais libre de mes horaires et que je n’avais qu’à m’organiser.

Sauf qu’en réalité, ce n’était pas si simple. Abidjan est une ville extrêmement embouteillée. Faire des allers-retours pour voir mon fils entre deux réunions était devenu physiquement et mentalement épuisant. Chaque déplacement me demandait une énergie folle. J’ai tenu et encaissé… jusqu’au moment où je n’ai plus pu.

C’est là que l’idée de tout quitter a cessé d’être une rêverie pour devenir une nécessité.

Ce projet de vie en camping-car, qu’on évoquait parfois avec mon mari en mode “un jour, ce serait génial”, a soudain pris une autre dimension. On pensait le faire plus tard, dans quelques années. Finalement, la vie a accéléré le calendrier à notre place.

Avec le recul, je vois bien que j’avais besoin d’une vraie transition, de temps pour respirer et pour comprendre qui j’étais devenue après la maternité. Ce départ, c’était à la fois une fuite et un élan. Et je crois sincèrement que les deux peuvent coexister.

On s’est laissé six mois pour économiser encore un peu, préparer les choses sérieusement… puis on est partis. Sans plan B.

Comment préparer son départ en camping car : nos erreurs de débutants

On avait environ 100 000 € d’épargne. C’était notre filet de sécurité. On s’est dit qu’on partirait avec ça, qu’on verrait en chemin comment s’adapter, et qu’on finirait bien par trouver un moyen de générer des revenus en route. Sur le moment, ça nous paraissait suffisant. Et dans un sens, ça l’était.

Mais cette logique ne fonctionne que si on mesure vraiment ce qui nous attend.

Ce qu’on a bien fait, c’est qu’on ne s’est pas lancés du jour au lendemain. On a pris six mois pour préparer le départ, économiser, chercher le véhicule, gérer l’administratif. Cette phase-là nous a évité de partir dans la précipitation, et je pense encore aujourd’hui que c’était une très bonne décision.

Là où on s’est complètement plantés, en revanche, c’est sur le choix du véhicule.

On a trouvé notre Hymer Mercedes sur un site allemand style Le Bon Coin. Gros coup de cœur immédiat en voyant les photos. Il avait ce style un peu vintage, ce charme un peu à part, ce truc qu’on adore quand on projette déjà toute une vie dedans. On a pris l’avion depuis la Côte d’Ivoire pour aller le voir… et on a signé le jour même. Sans visiter d’autres modèles ou comparer.

tout quitter pour voyager a travers l europe

Quelques mois plus tard, le camping-car nous a été livré en Belgique. En le découvrant vraiment, on n’a pas regretté notre choix, pas du tout. En revanche, on a tout de suite senti qu’on aurait du mal à s’y projeter tel qu’il était. L’ensemble faisait très daté, avec une ambiance qui nous parlait peu. On s’est même dit, en rigolant, qu’on avait l’impression d’entrer chez notre grand-mère.

C’est à ce moment-là qu’on a commencé à envisager une rénovation, pour en faire un lieu dans lequel on se sentirait vraiment bien.

L’électricité, les panneaux solaires, l’intérieur… et au passage, on a découvert que le camping-car était un poids lourd. Ce qui signifiait permis camion obligatoire.

Le budget : environ 1 700 € par personne.

Au final, les travaux ont pris six mois de plus que prévu. Six mois à voir le départ reculer, encore et encore. Et six mois de frustration intense, parce qu’on avait déjà quitté mentalement notre ancienne vie sans pouvoir commencer la suivante.

Budget camping-car à plein temps : combien ça coûte vraiment ?

Il y a une chose qu’on dit rarement de manière claire avant le départ : le vrai coût de cette vie ne se limite pas à l’achat du véhicule.

Dans notre cas, le camping-car nous a coûté 27 000 €. La rénovation, qu’on imaginait légère au départ, nous est revenue à environ 5 000 €, et encore, le budget a grimpé en cours de route.

À ça se sont ajoutés les deux permis poids lourd, pour un total d’environ 3 400 €. Voici d’ailleurs ma tête, ravie de piloter un 7 tonnes.

Ensuite, une fois sur la route, il fallait compter entre 2 000 et 2 500 € par mois pour notre famille avec les animaux, selon les destinations et notre rythme de déplacement.

On s’est dit qu’on partirait avec ce qu’on avait, qu’on verrait en chemin comment s’adapter, et qu’on finirait bien par trouver comment générer un revenu complémentaire.

La bonne surprise, c’est qu’on a revendu le camping-car sans perdre d’argent. L’investissement sur le véhicule, on l’a récupéré. En revanche, ce qui pèse vraiment dans la balance, c’est tout le reste : le quotidien, les imprévus, les dépenses qu’on minimise au départ parce qu’on n’a pas encore vécu les situations.

Une panne, une réparation urgente, un détour imprévu, les péages… ce sont ces dépenses-là qui viennent grignoter ton budget beaucoup plus vite que prévu.

Avec le recul, mon vrai conseil serait simple : prévoir une enveloppe “imprévus” d’au moins 20 % du budget total. Parce qu’en voyage, les surprises ne sont pas une exception. Elles font partie du quotidien.

Les travaux avant / après rénovation

camping car véhicule aménagé
apres renovation camping car

Le télé-travail en voyage est-il possible ?

Il y a aussi une autre question qu’on me pose tout le temps : peut-on vraiment vivre en camping-car tout en faisant du télétravail nomade ? La réponse, c’est oui, mais pas n’importe comment. Le travail à distance en voyage demande une vraie organisation : une connexion fiable, un minimum d’anticipation sur les lieux où tu dors, et un rythme de déplacement compatible avec tes journées de boulot.

Travailler sur la route, ce n’est pas juste ouvrir son ordi face à un coucher de soleil. C’est aussi gérer les zones sans réseau, la batterie, le bruit, la météo, et parfois un bébé ou des animaux dans 6,60 mètres carrés.

Si tu envisages de financer ce mode de vie en bougeant, mieux vaut partir avec une activité déjà stable ou une piste claire de revenu. Improviser totalement son travail à distance en voyage, c’est possible sur le papier, mais dans la vraie vie, ça ajoute une grosse charge mentale.

D’ailleurs, si tu te poses la question de quoi faire comme activité sur la route, tu peux lire aussi mon article sur les idées de business à lancer en ligne.

La vie au quotidien sur la route : la version non-Instagram

Quand on imagine la vie sur la route, on voit très vite les beaux moments. Le coucher de soleil devant le van, le feu de camp, le verre posé sur la petite table dehors, cette sensation de liberté qu’on associe tout de suite à ce mode de vie. Et oui, bien sûr, ces moments existent. Heureusement.

Mais ce qu’on anticipe beaucoup moins, c’est tout ce qu’il y a autour.

L’intendance prend une place énorme. À chaque nouvel endroit, il faut s’installer, sortir les affaires, monter la table, sortir les coussins, organiser un minimum l’espace… puis tout rerentrer le soir pour ne rien laisser dehors. Il faut remplir l’eau, surveiller le gaz, trouver les bons adaptateurs selon les pays, vider les toilettes sèches, gérer le linge, les courses, la vaisselle, la logistique de base. Et parfois faire tout ça alors que ton fils vient de vomir sur les draps à 2h du matin et que ta journée ne devait pas du tout ressembler à une sortie dans la laverie du coin.

On était aussi partis avec trop d’affaires. Un énorme cric pour changer les roues qu’on n’a jamais utilisé. Une grande table trop encombrante qu’on a sortie deux fois en un an. Et à côté de ça, des objets vraiment utiles qu’on n’avait pas pensé à prendre comme des adapteurs pour le gaz.

La vraie vanlife, ce n’est pas des vacances prolongées. C’est une réorganisation complète de ton quotidien dans un espace minuscule. Dans notre cas, 6,60 mètres de long.

Même avec des panneaux solaires et une certaine autonomie électrique, tu restes dépendante de l’eau, du gaz, des lieux où stationner et de toute une série de contraintes très concrètes.

Le stationnement de nuit devient vite un vrai sujet mental quand tu vis sur la route. Au début, on passe un temps fou à chercher “le bon endroit”, surtout quand on veut être au calme, en sécurité, et pas trop loin d’un point d’eau ou d’une vidange.

Pour trouver nos emplacements, on utilisait surtout les applis comme Park4night, et la recommandation entre voyageurs. Les aires de camping-car sont pratiques pour gérer l’eau, les vidanges et parfois l’électricité, mais on alternait aussi avec des spots plus nature quand c’était possible. Avec le temps, tu développes ton propre radar : accessibilité, niveau de bruit, inclinaison du terrain, passage, sentiment de sécurité.

Par contre, évidemment, plus tu changes souvent d’endroit, plus cette logistique devient lourde. Trouver le bon rythme de déplacement, pour moi, c’est l’une des vraies clés de l’équilibre sur la route.

Voyage solo en camping-car avec bébé : 5 semaines seule sur la route

Un peu avant le grand départ, mon mari a reçu une proposition d’emploi qu’il a accepté. Je voulais vivre cette van life, alors je lui ai demandé de nous déposer au Portugal, il est parti pendant deux mois. Et moi, j’ai continué seule pendant cinq semaines, avec notre fils de 18 mois, nos deux chiens et nos deux chats.

En clair : seule responsable de tout.

J’étais inconsciente, la charge mentale était immense. Chaque soir, il fallait trouver un endroit sûr où dormir. Calculer les distances. Gérer le bébé, les animaux, le véhicule. Vérifier l’eau, le gaz, l’autonomie. Il n’y avait ni relais, ni pause, ni respiration. Juste moi qui essayait de tout faire tenir ensemble.

voyager seule sur la route
Par moment, j’étais seule et parfois j’arrivais à rencontrer des personnes avec qui on avait sympatisé sur Instagram. Cela a été d’une aide précieuse.
voyage solo avec un bébé

Quand tu voyages seule, la question du stationnement de nuit prend encore plus de place : tu ne cherches pas juste un bel endroit, tu cherches un endroit où tu vas réellement te sentir en sécurité. Et d’ailleurs, mon chien me tranquillisait beaucoup sur le sujet. Je me disais que tant qu’il n’aboyait pas, tout allait bien.

Je me souviens de plusieurs situations cocasses.

  • J’ai tenté de monter une côte pour aller à Ronda en Espagne. Sauf que la jauge du liquide de refroidissement était tout le temps dans le rouge et j’ai du faire demi tour, le camping-car n’y arrivait pas. J’ai du redescendre sur Marbella, sans trouver de lieu au pied levé et j’ai fini par garer le camping car dans une rue passante.
  • Une autre fois, la police m’a demandé de partir parce que j’étais garée sur un parking qui n’autorisait pas les stationnements de nuit. Je me suis retrouvée à devoir chercher un nouvel endroit en urgence, dans le noir, alors que mon fils dormait.
  • Une autre fois, j’ai du quitter le bord de mer car le vent soufflait à 90km/h et le camping car tanguait comme si j’étais en pleine tempête.
  • Et je me suis aussi retrouvée en panne sur un parking près de Barcelone, sans pouvoir rouler, à sillonner la ville dans un espagnol très approximatif pour trouver un réparateur.

Bref, j’avais souvent l’impression d’être en mode survie.

Ces fusibles ont animé mon quotidien pendant des jours.

panne sur le camping car
panne sur la route en voyage

Et pourtant, ces semaines m’ont énormément appris. J’en ai retenu que la vie nomade en solo est dure, vraiment. Mais qu’elle reste possible. Ce qui m’a le plus mise en difficulté, finalement, ce n’était pas seulement le fait d’être seule. C’était surtout de m’être imposé une date d’arrivée à Marseille. À partir du moment où on ajoute une contrainte de temps, la pression monte d’un coup. Et quand tu conduis chaque jour un vieux camping-car qui dépasse à peine les 90 km/h avec un enfant qui s’impatiente rapidement, cette pression devient vite épuisante.

C’était dur, oui. Mais, je ne regrette rien, j’ai appris énormément et notamment que j’avais des limites.

Mon bilan après un an sur la route

Tout quitter pour partir sur la route m’a appris quelque chose de très simple, mais de très puissant : les cases dans lesquelles on vit, le CDI, le crédit, la maison, la routine bien réglée, ne sont pas des fatalités. Ce sont des choix. Parfois choisis consciemment, parfois adoptés sans même s’en rendre compte.

Le simple fait d’expérimenter qu’un autre mode de vie est possible change quelque chose en profondeur. On comprend que la liberté n’est pas réservée à une poignée de privilégiés, ni aux gens sans enfants, ni à ceux qui n’ont aucune contrainte. Et ça, même longtemps après la fin du voyage, ça reste.

Par après, le voyage a continué, on a traversé l’Europe. On a vécu des moments que notre ancienne vie ne nous aurait jamais donnés. Je repense tout particulièrement à des rencontres avec d’autres voyageurs que je n’oublierai jamais.

Notre aventure s’est arrêtée quand on a appris qu’un proche était très malade. On était déjà fatigués, émotionnellement et physiquement, alors on a vendu le camping car. Quand une mauvaise nouvelle familiale tombe loin de chez soi, tout prend une autre dimension. J’en parle plus en détail dans mon article sur vivre un deuil en expatriation.

Est-ce que je suis heureuse de l’avoir fait malgré tout ? Oui, profondément. Même avec les galères, même avec la fatigue, même avec les moments de doute. Parce que cette expérience m’a transformée.

Aujourd’hui, on envisage même de repartir. Peut-être dans un bus, cette fois. Avec un peu plus d’espace, une vraie machine à laver intégrée (oui je suis traumatisée 😝), et sans doute aussi davantage de préparation.

Avec le recul, il y a plusieurs erreurs que j’aurais aimé voir écrites noir sur blanc avant de partir.

Erreur n°1

C’est d’acheter un véhicule trop vieux sur un coup de cœur. Un véhicule peut être magnifique en photo, avoir énormément de charme, et devenir épuisant au quotidien. Le nôtre plafonnait à 90 km/h, peinait sur certains terrains, et nous demandait une énergie folle. Aujourd’hui, je sais que j’aurais préféré investir davantage dans quelque chose de plus récent, plus fiable, même si moins séduisant visuellement.

Erreur n°2

C’est de ne pas avoir vérifié le PTAC avant l’achat. Si ton camping-car dépasse 3,5 tonnes, il te faut un permis spécifique. Et ce genre de détail, découvert après coup, peut te coûter plusieurs milliers d’euros et beaucoup de stress.

Erreur n°3

Je pense aussi qu’on a sous-estimé l’importance de tester la configuration réelle avant le départ. On avait déjà fait du van en couple, mais ça n’a rien à voir avec un camping-car chargé, un enfant en bas âge et des animaux à bord. De vraies vacances test, dans les conditions les plus proches possible de la réalité, nous aurait évité beaucoup d’illusions.

Erreur n°4

Autre erreur classique : partir avec trop d’affaires. Tout ce qui semble “peut-être utile” finit souvent par encombrer. Dans un véhicule, chaque objet prend de la place physique, mentale et logistique. Mieux vaut manquer de quelques choses et les acheter ensuite que s’encombrer dès le départ de tout ce qu’on imagine vaguement utile.

Erreur n°5

Il y a aussi le piège des dates fixes. Dès qu’on commence à vouloir être quelque part à tel jour, la pression s’installe, et avec elle une bonne partie de la liberté qu’on était venu chercher.

Erreur n°6

Enfin, partir seule sans vraie anticipation peut rendre l’expérience beaucoup plus difficile qu’elle ne devrait l’être. Cette solitude-là m’a rappelé à quel point l’isolement social peut vite peser quand on vit loin de ses repères.

Voyager seule en camping-car, c’est possible. Ça peut même être très chouette, mais ça demande une préparation solide : anticiper les spots, garder un itinéraire souple, avoir un réseau de soutien, et surtout ne pas se mettre de pression inutile sur le temps.

3. Pour qui c’est vraiment fait… et pour qui ça peut être une mauvaise idée

Tout plaquer pour partir sur la route peut être une très belle décision, mais ce n’est pas une décision neutre. Ce mode de vie convient mieux à certaines réalités qu’à d’autres.

À mon sens, c’est une aventure qui a plus de chances de bien se passer si tu as une vraie épargne de sécurité, idéalement au moins 15 000 € en dehors de l’achat du véhicule. Si tu sais composer avec l’imprévu sans te sentir totalement paralysée. Si tu as déjà testé la vie en véhicule pendant plusieurs semaines, pas juste un week-end de vacances. Et si tu as soit une activité compatible avec la route, soit une transition déjà financée, que ce soit grâce à des économies, un chômage ou un congé sabbatique.

tout quitter pour vivre sur la route

À l’inverse, ça peut être une mauvaise idée si tu pars uniquement pour fuir quelque chose sans avoir essayé de comprendre ce qui se joue pour toi. La route amplifie beaucoup de choses. Elle peut ouvrir, révéler, clarifier, mais elle ne vient pas magiquement réparer ce qu’on ne veut pas regarder.

C’est aussi un mode de vie risqué si tu n’as pas de filet financier et que tu gardes en parallèle des charges fixes importantes. Et il vaut mieux être lucide sur un point : vivre sur la route n’est pas plus simple que vivre de façon sédentaire. C’est juste une autre complexité.

La vanlife n’est pas une thérapie. C’est une façon de vivre qui demande de l’énergie, de l’organisation, de l’endurance émotionnelle aussi. Pour certaines personnes, c’est une expérience profondément transformatrice. Pour d’autres, c’est un épuisement supplémentaire.

Une précision importante si tu lis cet article avec des enfants plus grands : la question de l’école à la maison ou de l’IEF (Instruction en Famille) revient souvent quand on parle de vie nomade. De notre côté, on n’était pas concernés à ce moment-là, puisque notre fils était encore petit. Mais nous avons rencontré beaucoup de familles le faire et se sentir très à l’aise avec cette pratique.

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4. FAQ : Les questions avant de tout quitter pour voyager

Conclusion : mon vrai bilan après avoir tout quitté pour voyager en camping-car

La vanlife n’est pas un rêve Instagram. C’est une vraie décision de vie, avec des contraintes très concrètes, des coûts réels, de la fatigue, de l’imprévu, et parfois de grosses remises en question.

Mais c’est aussi une expérience qui peut profondément transformer la manière dont on voit sa vie. Le rapport au temps, à l’espace, à la liberté, au confort, aux autres… rien ne ressort tout à fait pareil après ça.

Je crois que si on aborde cette aventure avec lucidité, préparation et honnêteté, elle peut valoir énormément. Pas parce qu’elle serait idéale, mais justement parce qu’elle oblige à se rencontrer soi-même autrement.

S’il y a une seule chose que je dirais à quelqu’un avant de signer, ce serait celle-ci : teste petit. Minimum une semaine dans les conditions que tu envisages (enfants, animaux, etc). Laisse la réalité parler avant de prendre une décision.

La route ne résout pas tout. Mais elle a parfois ce pouvoir très particulier de te montrer, avec une clarté désarmante, qui tu es vraiment.

Si tu veux entendre toute mon histoire en détail, j’ai donné une interview complète sur Parents Voyageurs.

Et si tu as des questions, tu peux me les laisser en commentaire. J’y répondrai avec plaisir.

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Julie 🌍


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Julie Lhoest Coach business les independantes du monde

4 réflexions sur “Tout quitter pour voyager en camping-car : notre vrai bilan (budget, erreurs, conseils)”

  1. Wow!!! Mais quel courage!!! Surtout d’avoir fait la route seule! Jamais je ne pourrais même pas l’envisager 😬🫣 Vraiment bravo! J’ai adoré l’article, super enrichissant 👍

  2. Très chouette témoignage. Comme quoi d’une personne a une autre, on ne ressent pas les mêmes émotions vis a vis de la vie nomade! Le contexte y est pour beaucoup ! Si on pouvait recommencer,on resigne demain ! En tout cas, tu as été une belle rencontre ❤️

    1. Je pense que je suis vraiment pas partie dans les bonnes conditions. Et encore, j’ai été très entourée quand vous étiez là, et j’en suis extrêmement reconnaissante. C’était une belle rencontre, comme souvent en voyage, il y a un truc particulier. Je pense fort à vous ! Julie

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